Priorité : La crise de l’euro

La crise de l’euro a éclaté après la crise économique et financière mondiale en 2008. Elle n’est ni une crise monétaire ni une crise des dettes publiques. D’un côté l’euro a longtemps réévalué le dollar, d’un autre, jusqu’à la crise, les dettes publiques irlandaises et espagnoles ont fait partie des plus petites de l’UE par rapport à la puissance économique. Le problème ici (et à l’étranger) était plutôt le grand endettement public. Ce ne sont pas les retraités grecs ou les infirmières irlandaises qui ont été sauvés avec le sauvetage de l’euro mais les banques et les plus fortunés auprès desquels les États en crise avaient des dettes – en particulier les banques allemandes et françaises.

Les causes véritables de la crise de l’euro

Les vraies causes de la crise de l’euro sont ailleurs : Dans toutes les nations industrielles, la part des salaires dans le gâteau économique a baissé depuis pas mal d’années. En Allemagne, cette évolution s’est aiguisée avec les réformes du marché du travail des Rouges et des Verts et l’Agenda 2010 (Hartz IV, travail intérimaire, etc...). Le manque de demande dans le pays même, des pays comme l’Allemagne s’en sont occupé à l’étranger, tandis qu’ils ont combiné de bons produits avec des salaires faibles et ont exporté. Par contre, les États en crise ne pouvaient plus protéger leur monnaie de la dévaluation, car l’euro était la monnaie commune. Les pays de l’Europe du Sud ont consommé à crédit. Ce château de cartes s’est écroulé avec la crise économique et financière.

À cause du sauvetage des banques ‘zombies’ et de la chute de l’économie, l’endettement public a augmenté. À la différence des USA ou du Japon, la Banque centrale européenne ne s’est pas portée garant pour les dettes. Les États en crise n’ont pas eu accès à des euros frais, les investisseurs ont craint une banqueroute publique et ont prêté de l’argent aux États en crise à des taux encore extrêmement élevés. Absurde : Les banques que nous avons sauvées ont emprunté de l’argent à bon prix à notre « banque » – la BCE – et l’ont prêté cher aux États en crise.

La Troïka de la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont organisé une catastrophe économique et sociale sous la conduite allemande : La diminution des salaires, des retraites et les investissements publics a enfoncé la zone euro encore plus profondément dans la dépression, le chômage s’est dramatiquement accru et les dettes ont augmenté au lieu de baisser. Les soi-disant sauveurs de l’euro se servent de la crise de l’euro pour sauver les banques épuisées aux frais du contribuable, pour détruire l’État social et pour faire baisser les salaires. C’est aussi mauvais pour le développement économique et la majorité de la population en Allemagne.

Conclusion concernant la politique européenne en situation d’échec

LA GAUCHE revendique une fin de la politique européenne en situation d’échec. Au lieu de cela, nous avons besoin de salaires et de retraites plus élevés, ainsi que d’investissements publics en Allemagne, pour renforcer l’économie nationale. Cela réduit les excédents chroniques à l’exportation et mène à un équilibre du commerce extérieur dans la zone Euro. Pour relancer l’économie, LA GAUCHE revendique en plus un programme d’investissement public à l’échelle européenne de 500 milliards d’euros par an : la BCE devrait financer les investissements publics plutôt qu’injecter de l’argent dans les banques, alors que celles-ci n’empruntent pas l’argent à l’économie réelle.

Les responsables et les profiteurs de la crise devraient être mis à contribution avec un impôt sur la fortune pour les millionnaires à l’échelle de l’UE. En plus, nous revendiquons une meilleure régularisation et réduction du secteur de la finance. Il faut séparer l’opération de crédit-dépôt de la banque d’investissement. Avec un effacement de la dette pour les États surendettés, il y aurait finalement beaucoup plus de place pour des investissements productifs.