Yanis Varoufakis/Fabio De Masi : Il est temps d’ouvrir la boîte noire de la BCE

Communiqué de presse de Fabio De Masi, député au Parlement européen

21/02/2017

Yanis Varoufakis (ancien ministre grec des Finances et co-fondateur de DiEM25) et Fabio De Masi (député européen, DIE LINKE – GUE/NGL) sont soutenus par des citoyens de toute l’Europe, des membres de parlements nationaux et du Parlement européen ainsi que des universitaires de renoms pour lancer une grande campagne d’accès aux informations de la Banque centrale européenne (BCE).

Ces éminents soutiens viennent de divers horizons politiques, y compris de la social-démocratie et des verts et ont des opinions divergentes sur l’avenir de l’UE et de la zone euro. Ils ne sont pas nécessairement associés ni à la Gauche Unitaire Européenne- Gauche verte Nordique (GUE/NGL) au Parlement européen, ni à DiEM25.

Nos soutiens sont entre autres :

  • Jean-Luc Mélenchon, (député européen, candidat de la France Insoumise aux présidentielles françaises de 2017)
  • Sahra Wagenknecht, (députée nationale, Présidente du groupe parlementaire de DIE LINKE au Parlement allemand)
  • Stefano Fassina, (député national, Sinistra Italiana, ancien Vice ministre de l’Economie et des Finances, Italie)
  • Zoe Konstantopoulou, (ancienne présidente du Parlement grec)
  • Les députés européens Guillaume Balas et Emmanuel Maurel (S&D, France), Sven Giegold et Ernest Urtasun (Verts/ALE, Allemagne et Espagne)
  • Et des professeurs d’université, notamment James Galbraith (Université du Texas à Austin), Jeffrey Sachs (Université de Columbia)
  • et bien d’autres

Contexte :  

En 2015, le gouvernement grec nouvellement élu a sollicité une renégociation avec ses créanciers de la troïka (Commission européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International) de ses obligations de dette publique, de la politique fiscale et du programme de réformes.

La troïka a refusé et pire, a même forcé le gouvernement grec, contre son mandat démocratique, à accepter un 3e « plan de sauvetage » (dit ‘bail out’) du pays accompagné de nouvelles mesures d’austérité et de nouvelles réductions de la souveraineté nationale.

La BCE a joué un rôle clé en forçant la main du gouvernement grec. Deux décisions du Conseil des gouverneurs de la BCE a conduit à la fermeture des banques grecques, suivies de l’imposition de contrôle des capitaux, le 29 juin 2015.

• La première décision, prise le 4 février 2015, a été de refuser l’accès aux liquidités de la BCE pour les banques grecques à la liquidité de BCE, les invitant plutôt à utiliser les liquidités plus chères du « mécanisme d’urgence d'octroi de liquidités » (Emergency Liquidity Assistance facility, ELA)  de la banque centrale grecque.

• La seconde décision, prise le 28 juin 2015, a été de refuser l’accès des banques grecques à ce mécanisme ELA initialement recommandé, les poussant à la fermeture dès le lendemain. (Cette décision a été prise immédiatement après que le gouvernement grec a annoncé la tenue d’un referendum à la suite de cet ultimatum des créanciers posé au peuple grec). Après la fermeture des banques de la Grèce par la BCE, les contrôles de capitaux ont été imposées (et sont toujours en place).

Ces décisions ont infligé d’énormes coûts à l’économie chancelante de la Grèce et ont ouvert la voie à de nouvelles mesures d’austérité qui, ajoutées aux précédentes cinq années d’austérité paralysantes, sont venues endommager encore davantage la société grecque.

Pour apprécier la légalité de ces décisions, la BCE avait demandé un avis juridique externe. L’Eurodéputé allemand, Fabio De Masi (GUE/NGL), a demandé à la BCE des copies de cet avis juridique. Le Président de la BCE, M. Mario Draghi, a refusé d’accéder à sa demande.

Le groupe GUE/NGL a commandé une étude juridique par le professeur M. Andreas-Fischer Lescano (Université de Brême) qui conclut que la BCE n’avait pas le droit de refuser l’accès aux documents demandés. Cette étude servira de base pour une éventuelle action intentée contre la BCE si ce refus persiste.

A la suite de ces différents éléments, Yanis Varoufakis et Fabio De Masi ont donc décidé de lancer aujourd'hui une campagne impliquant une large coalition de citoyens, députés européens, parlementaires nationaux (de plusieurs États membres et différents groupes politiques) ainsi que des universitaires prestigieux, afin d’exiger à la BCE la publication de ces avis juridiques retenus secrets. La liste complète des soutiens sera publiée au cours de la campagne.

Cette campagne va se dérouler en trois étapes :

1. A partir d’aujourd'hui, DiEM25 commence une pétition pour recueillir des signatures de citoyens qui souhaitent ajouter leur voix à notre demande à la BCE – visitez https://www.change.org/p/mr-draghi-what-are-you-afraid-of-release-thegreekfiles

2. Le 8 mars 2017, Yanis Varoufakis et Fabio De Masi tiendront une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles pour présenter les arguments en faveur de la liberté d’accès à ces documents de la BCE

3. La pétition de DiEM25 fermera peu de temps après le 60e anniversaire du traité de Rome, le 25 mars 2017, date à laquelle nous allons soumettre la demande à la BCE avec la liste complète des signataires.

Commentant sur cette campagne, Fabio De Masi, eurodéputé membre de la commission économique et monétaire du Parlement européen a expliqué :

 « Le chantage n’est pas le travail de la BCE. En limitant les liquidités au secteur bancaire grec pour forcer les coupes dans les pensions, les hausses d’impôts et les privatisations, la BCE a outrepassé son mandat. Si la BCE estime que ses actions sont légales, elle doit alors rendre publique l’avis juridique obtenu plutôt que de le cacher aux yeux du public. »

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